vendredi 29 mai 2026

Sur les rails : chemins de fer, trains et gares.

Trains, locomotives, wagons et voitures, voies ferrées, gares, caténaires et signalisations, voyageurs et cheminots... l'univers ferroviaire sera le thème et le moteur de notre atelier du 21 juin 2026. Dessins, peintures, aquarelles, toute technique sera abordée et comme on le verra, toutes les approches, documentaires, réalistes, féériques ou humoristiques sont possibles.

Qui n'a pas le souvenir d'enfance des trains miniatures circulant, dans un réseau complexe de voies ferrées, dans un paysage de carton pâte. L'univers ferroviaire évoque la puissance et la prospérité d'un monde industrialisé et ouvre la perspective d'une utopie, celle d'un monde devenu village. Le chemin de fer dynamise transport et commerce et est un des facteurs de la révolution industrielle. Le progrès social, fruit d'âpres luttes ouvrières, la sécurité sociale, les congés payés, la réduction du temps de travail ébauchent une société des loisirs en germe. Les vacances deviennent accessibles à tous, le tourisme s'organise et se généralise, et au cœur de se processus, on trouve le chemin de fer. Faut-il s'étonner que dès son invention, dans les années 1820, le chemin fer – trains, locomotives, gares, voies ferrées – inspire les artistes. Au 21e siècle, l'avion et l'automobile supplantent le train, pour le meilleur parfois, pour le pire si l'on prend en considération l'impact écologique, mais le chemin de fer nous inspire toujours, avec un rien de nostalgie, comme une utopie manquée.


 

le progrès et la puissance

 

On ne retracera pas ici l'histoire, bien documentée sur wikipedia, du chemin de fer, En 1825 Georges Stephenson inaugure le premier le chemin de fer ouvert au public. La première ligne régulière de chemin de fer à vapeur est mise en service le 5 mai 1835 en Belgique, entre la gare de Bruxelles-Allée-Verte et Malines. Le développement ferroviaire est rapide, les machines se font plus puissantes et rapide, on s'interroge avec inquiétude sur l'impact sur la santé des voyageurs d'une accélération confinant à 35 km/heure, les romantiques déplorent l'outrage industriel défigurant la nature, les conservateurs religieux stigmatisent une « invention diabolique »...mais d'aucuns voient dans le train un facteur de progrès et de prospérité, voie une promesse de paix universelle rendue possible par le rapprochement des hommes. 

 

Il y a d'innombrables gravures d'époque, les premières affiches publicitaires de compagnies ferroviaires vantent les perspectives touristiques. 


Turner nous dépeint, avec « Pluie vapeur et vitesse » un train surgissant de la lumière ou du néant, circulant à pleine vitesse sur le Maidenhead Railway Bridge, noyé dans la brume et surplombant un fleuve... A peine sont esquissées les architectures des ponts, un bateau et quelques personnages sur la rive saluant le convoi tracté à 80 km/h par la locomotive la plus rapide de l'époque.

Monet nous a livré une douzaine de peinture consacrées à la gare Saint Lazare. Ses locomotives surgissent, monstres industriels, de la vapeur et des fumées qu'elles engendrent, mais elles ne sont pas isolées, elle s'intègrent dans un complexe urbain. Le chemin de fer structure le paysage urbain qui est ici évoqué en arrière plan tandis que l'infrastructure ferroviaire – hangar, pont métallique, signaux, rails – est détaillée. Nous sommes, avec ces peintures, dans univers anti-romantique mais l'impressionniste qu'est Monet s'attache à illustrer la perception visuelle d'un instant précis.

C'est avec un humour corrosif que Daumier évoque l'impact social du chemin de fer, en dépeignant les voyageurs. Il illustre la cohue des passagers se ruant sur les « trains de plaisirs ». Il use de tous les procédés en usage, à l'époque, parmi les dessinateurs de presse : traits déformés, personnages quasi animalisés, têtes énormes sur corps chétifs... il se dégage de ces gravures un réalisme cru, éclairant, déjà à son époque, les travers du surtourisme.

 

 

L'Histoire en marche : la loco motive le peuple

 


«  les révolutions sont les locomotives de l’histoire ». Par cette métaphore Karl Marx soulignait le rôle moteur des événements révolutionnaires dans l'accomplissement d'une inéluctable libération historique de l'humanité. Il faut dire que Marx, témoin critique de la révolution industrielle et de l'essor du capitalisme, avait pleine conscience de l'importance économique et sociale du chemin de fer. Par la suite, les propagandes révolutionnaires filent la métaphore en faisant de la locomotive le moteur des changements sociaux. Il importe à chacun de ne pas rater le train de l'Histoire quitte à accepter que ledit train soit, pour le meilleur peut-être, pour le pire le plus souvent, conduit par le « 'Grand Leader », Guide suprême, auquel le peuple se doit de confier aveuglément son destin. La locomotive apparaît souvent dans les affiches de propagande, on vante l'exploit technologique, la chaudière tourne à plein régime. bielles et essieux sont les muscles d'une collectivité en marche. 

Dans le monde capitaliste, la locomotive surgit aussi dans l'imaginaire collectif comme la métaphore d'un progrès et d'une croissance infinie... Nous assistons à une conquête du monde, les colonisateurs n'ont de cesse de tisser le réseau ferroviaire fut au prix de la servitude et de l'esclavage des peuples conquis. Ici la technique, la machine, la locomotive sont les instruments d'une emprise mondiale, celle de l'économie toute puissante. 

 

 

Luigi Russolo peint, en 1911, la « dynamique d'un train »...On perçoit dans cette peinture un ensemble de forces, une tension brutale ou la vitesse est exprimée par des ondes de chocs, lignes brisées en avant de la locomotive. En 1922 Ivo Pannaggi use de procédé analogue mais sa démarche le rapproche plus du cubisme. Les futuristes italiens étaient obnubilés par puissance, la force, la vitesse. Machines, automobiles, avions, trains apparaissent souvent dans leurs œuvres, mais ici, le concept devient presque abstrait. Nous avons affaire à des mouvements, de la vitesse, de l'énergie, de la lumière. Les objets se dissolvent en forces pures. Ce culte de la puissance, de la force et de la domination technique, associé à une révolte contre l'ancien monde et les académismes, a conduit nombre des artistes futuristes vers le fascisme... mais la locomotive n'est pas seulement le symbole d'une puissance brute, elle peut conduire vers le rêve, ou être présent dans l'imaginaire fantastique.

 

Le train du rêve : surréalisme et fantasy.

Le train apparaît à la fois comme un instrument du progrès et comme une créature nocturne glissant entre les mondes. En bouleversant notre perception du temps, de la distance et du destin, le chemin de fer introduit dans la conscience moderne une sensation nouvelle de déracinement et d’inconnu. Le rail devient souvent la métaphore d’une trajectoire imposée, d’un voyage intérieur dont l’itinéraire semble déjà tracé, tandis que les gares incarnent ces espaces de transition où l’être hésite entre départ et retour, mémoire et devenir. Cette symbolique apparait clairement dans l'œuvre de Paul Delvaux, sont les peintures, inspirées par les gares d'Esneux ou de Watermael, représentent un univers souvent nocturnes, de gares intemporelles peuplées de femmes errantes ou de squelettes. Le train traverse les paysages comme la pensée traverse l’inconscient. Son rythme répétitif, presque hypnotique, évoque le battement du sommeil et les mécanismes secrets du rêve. On peut y voir une image puissante du voyage intérieur : un déplacement d’un état de conscience à un autre. voire une métaphore du rêve lui-même. 

René Magritte peint une locomotive surgissant de l'âtre d'un peut salon bourgeois. La loco rappelle les jouets ou les maquettes, mais c'est un petit dragon fumant, sorte de gargouille, qui nous renvoie ironiquement aux imposantes poêles à charbon qui ornaient les foyers domestiques

 

 

 

 

 

 

 

On considère Edward Hopper comme un peintre réaliste, mieux que quiconque il a dépeint un certain sentiment de solitude dans la vie américaine. Le train apparait plusieurs fois dans son œuvre... il y a des peintures, dessin et aquarelles représentant des locomotives ou des wagons, parfois isolés dans la plaine américaines. Mais souvent il évoque le voyage en peignant l'intérieur des voitures. Les passagers, le plus souvent des passagères, y sont assis, rêvant, regardant le paysage ou jouissant de la lumière oblique. Aucune impression de mouvement, nous ne sommes pas dans l'ère de la vitesse surmultipliée mais dans la conscience intime du voyageur isolé vivant dans leur monde propre. 

 

 

Il y a peut être une exception, American Locomotive (1944) où l'aérodynamisme de cette locomotive diesel de type ALCO DL-109 – au design plus proche de l'avion que des locos à vapeur – sont soulignés par la perspective fuyante et la couleur rouge écarlate. Il s'agit, ne l'oublions pas, d'une commande publicitaire pour la compagnie “American Locomotive ” et cette peinture ne se retrouve pas dans le catalogue des œuvres de Hopper. 

 

 

 

On retrouve ce design art déco industriel dans la locomotive futuriste de « type 12 » mise en service dès 1939 par la SNCB. Cette puissante machine de 2500 chevaux-vapeur qui pouvait atteindre 160 km/h fut illustrée et surnommée par F. Schuiten « la douce ». Les moyens de transport futuristes font partie de l'imaginaire utopiste – tel qu'illustré dans la Science-fiction ou dans la vulgarisation technique ou scientifique comme la revue « modern mechanix »

 

 

 

 

 

 

Née de la rencontre entre la révolution industrielle du XIXᵉ siècle et les imaginaires de la science-fiction, l’esthétique steampunk transforme la locomotive en symbole absolu d’un futur rêvé par le passé. Dans cet univers, le train n’est plus seulement une machine de transport : il devient un organisme de cuivre, d’acier et de vapeur mêlant l’élégance victorienne aux inventions improbables : chaudières surdimensionnées, pistons apparents, engrenages complexes, cadrans mystérieux et cheminées crachant une fumée noire comme un souffle vivant. Le rail y incarne la conquête du monde, mais aussi une fascination romantique pour une technologie encore visible, palpable, presque artisanale, à l’opposé de la froide invisibilité numérique contemporaine. le steampunk imagine un futur alternatif où l’électricité et l’informatique n’auraient jamais supplanté la puissance de la vapeur. Le train y occupe une place centrale parce qu’il symbolise le mouvement, l’exploration et la collision entre progrès scientifique et imaginaire poétique.

 


Nous revenons à une enfance de l'ère industrielle et dans cette régression on retrouve la loco des dessins animés, des contes pour enfants, d'un far-west ludique, un monde de liberté absolue et de conquête effrénée. Thomas the Tank Engine est une locomotive à vapeur anthropomorphe de fiction, apparue dans les livres pour enfants britanniques The Railway Series écrits par le révérend Wilbert Awdry et son fils Christopher à partir de 1945. Héros du dessin animé Thomas & Friends, Thomas est devenu une icône mondiale de la littérature et de la télévision jeunesse. Dans les cartoons, le train est aussi un formidable moteur de mouvement et de comédie.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dessiner les trains et les locos

 

 Tout le monde a rencontré ces petits tutoriels pour enfants où l'on construit une locomotive à partir de cercles, rectangles. En perspective les volumes sont tout aussi simples, cylindres, disques, parallélépipèdes rectangles. Une compréhension des règles basiques de la perspective est indispensable, rails et caténaires convergent vers un point de fuite, les cercles en vue perspective deviennent des ellipses, wagons et locos s'inscrivent dans l'espace selon deux ou trois points de fuite, et souvent on doit diviser un espace en parties égales.

 

 

 

 web et vidéo tutos


 



 

vendredi 8 mai 2026

Mai au jardin !

 Mai au jardin !

Un vent de douceur et de légèreté soufflera sur notre prochain atelier de l'atelier d'Art de Forest, qui sera sera dédié au jardin, de façon générale : une fleur, un massif, des arbres, des fleurs de parterre, des arbustes, une perspective générale, peu importe, du moment que ... c'est au jardin ! 



La salle du Bia Bouquet est proche de quartiers très verts et fleuris, nous pourrons faire une petite sortie dans la rue toute proche.
Nous apprendrons  à aquareller de façon rapide, sans nécessairement dessiner au préalable, ou alors quelques lignes de construction de base. 
Que ce soit en extérieur ou sur base d'une photo, il faudra aussi pouvoir choisir ce qu'on dessine ou peint.
Donc lors de  l'atelier le focus pourra être mis sur le choix de la composition.
 Astuce : cadrer avec un viseur ou son appareil photo, pour se centrer sur un objectif précis !

Comment traiter ce thème ?

Poser l'aquarelle, bien pigmentée et assez liquide, sur papier sec. 
Opérer des fusions ... ou pas.Si on touche une zone humide, on aura une fusion, un transfert de pigment (de la zone la plus humide vers la zone la moins humide... qui dira que l'aquarelle, c'est apprivoiser le chemin de l'eau et faire de la physique sans le savoir ?)
C'est dans ce travail spontané et joyeux, mais réfléchi en amont,  que se situe la magie de l'aquarelle : on fait voltiger le pinceau après avoir un peu anticipé ! 
Et comme toujours, on surveille : si papier encore brillant, on peut ajouter du pigment, il va bien se disperser. Papier semi mat --> attention, le pigment  va risquer d'être repoussé et le "chou-fleur" menace.
Une vidéo ci dessous rappelle également comment composer des verts convaincants.

On pourra achever son aquarellage par de l'encre, ou des crayons aquarellables.

Vous verrez que dans une des vidéos proposées l'usage est fait de liquide de masquage, afin de préserver le blanc pour que les fleurs soient de couleur éclatante.
On peut avantageusement remplacer le liquide de masking par le fait de dessiner D'ABORD les fleurs avec des Neocolor 1, ou tout autre pastel coloré à la cire.  Cela fera office de réserve et va repousser l'eau. On peut également faire des traits plus graphiques, des branchages avec cette méthode, ou des textures diverses ... il ne faut juste pas "boucher" le papier car l'aquarelle glisse sur cette réserve et colore le papier blanc à côté de la réserve de cire.
Si on n'a ni liquide de masquage si pastel à la cire, il faudra laisser des éclats de papier sec afin de pouvoir y placer des jaunes, roses, orange, rouges  pétillants.

Nous travaillerons sur papier aquarelle classique de cellulose, permettant plus facilement quelques retraits ou correction, que le papier coton.

Quelques vidéos suggérées :
https://www.youtube.com/watch?v=MqYvATOMjrI
https://www.youtube.com/watch?v=MqYvATOMjrI

Bon atelier à tous !

Valérie DANIELS
pour l'AAF

 

lundi 13 avril 2026

Le mouvement en peinture

 

Le mouvement en peinture

Le mouvement en peinture, ce n’est pas nouveau.

D'une certaine manière, les impressionnistes furent des précurseurs dans la peinture de mouvement. En effet, leur principal souci était de saisir les effets éphémères de l'ombre et de la lumière. Ils cherchaient en fait à rendre une simple impression passagère.

Avant eux, William Turner surprit le jury de son époque avec son célèbre « Pluie, Vapeur et Vitesse » reproduit ci-contre.

 

Quelques petites astuces simples donneront du mouvement à vos graphismes :

les très classiques traits horizontaux à l’arrière des personnages, tellement utilisés en BD.

le cadrage (laissez un espace vide devant le personnage, et vous augmenterez l’impression que celui-ci va le parcourir).

Certains mouvements sont d’ores et déjà inscrits dans notre esprit. Le ballon qui va rentrer dans le panier de basket une fois la main dressée au-dessus de celui-ci, la vague qui va s’échouer sur la plage… En figeant le moment qui précède un impact, vous le suggérez.

Restez dans le flou. Il s’agit là d’une technique de photographie, mais qui peut très bien s’exploiter aussi en illustration.

Quand vous prenez la photo d’un objet en mouvement, il en résulte souvent un effet de flou, de lignes déformées. C’est cela que vous devez chercher à reproduire pour imiter le mouvement, pour créer la sensation de celui-ci.

Jouez avec les ombres. Un artiste peut, rien que par sa façon de poser l'ombre, signaler sans ambiguïté l'emplacement du sujet. Une ombre portée qui rejoint sa source indique que celle-ci a contact avec le sol, tandis que la séparation des 2 montre que le sujet est en train de courir, de sauter ou de voler.

Travaillez plus rapidement. Essayez quelques croquis rapides (de 2 ou 3 minutes seulement) d'un personnage ou d'un animal en train de se déplacer, de sauter, de s'étirer. Étudiez de près les traits suscités par le mouvement : l'angle d'une épaule ou d'une hanche, la cambrure du dos, le rapport entre le genou et la cheville, etc. Le fait de travailler aussi rapidement vous oblige à saisir l'essentiel du mouvement en question.

Focalisez-vous sur l’essentiel. Croquer le mouvement nécessite souvent d'écarter de nombreux détails. Mais pourquoi ne pas tirer parti de cette situation ? En évitant un excès de détails, on peut mettre l'accent sur le côté "sur-le-champ" d'une scène.

Pour maximiser la fluidité de vos coups de pinceau, utilisez un geste libre qui part du poignet. Ne peignez pas de la manière dont vous écrivez, éloignez un peu vos doigts de la virole du pinceau, ou de la mine du crayon.

Concentrez-vous sur les « formes », pas sur les « objets ». Regardez par exemple un peuplier agité par le vent. Le dessous des feuilles en mouvement donne lieu à un miroitement captivant : on dirait un banc de poissons argentés.

Si un sujet bouge trop, portez votre attention sur ses proportions d’abord. Ainsi, l'étude des oiseaux en pleine envolée est loin d'être chose facile. Mais un élément-clé de leur observation consiste à fixer le rapport entre l'envergure et la longueur du corps.

Expérimentez en « cassant les codes ». Oubliez un moment les « règles de tiers » et autres canons des tableaux paysagistes ou des natures mortes. Travaillez en diagonale, afin de casser les schémas habituels. Dressez des lignes qui s’opposent aux autres, qui s’y confrontent, brisent leur symphonie. Introduisez des schémas circulaires également.

Idées de lecture :

« Saisir le mouvement dans vos tableaux »

Julia Cassels

Ulisse Editions


« Le mouvement dans le dessin et la peinture »

Daniel Lacomme

Bordas


Murielle Vanhove

Murielle est une artiste française contemporaine ayant fait du mouvement sa thématique principale.

www.murielle-vanhove.fr

Des gens mêlés de couleurs vives, apparaissent et disparaissent sous une touche légère et violente de peinture. Murielle saisit un instant, sa fuite dans le temps, ce qu’il en reste. 

Des rencontres, des inconnus, des gens pressés et d’autres qui flânent. Les passants entrent dans le cadre comme on entre sur scène mais dans un total anonymat. L’absence de visage peut nous surprendre, comme nous séduire… les attitudes parlent d’elles-mêmes.

(passage extrait de son site, reproduit avec son aimable autorisation)



dimanche 15 mars 2026

sac perdu

Huguette a égaré un sac nylon rouge pendant notre atelier de ce 15/3. Elle ne sait plus s'il contenait des objets ou non. Quelqu'un l'aurait-il vu ?

samedi 7 mars 2026

L’ombre et la lumière : voyage dans l’imaginaire gothique

Ce dimanche 15 mars, 14h30, notre Atelier aborde un thème ambitieux : l'art gothique, ou plus généralement, le "gothique", dans toutes les acceptions du terme. On évoquera aussi bien l'architecture médiévale et ses interprétations néogothiques du 19e siècle que ce que nous appelons aujourd'hui le style, ou la mode, gothique. Les applications artistiques sont nombreuses : dessin d'architecture, esquisse et peinture romantique, calligraphie, design de mode, l'illustration de romans "gothiques", fantasy, horreur, fantastique... et même, si l'on veut, esquisser quelque projet de tatoo.


cathédrale Saint-Rombaut, Malines
 

Le mot « gothique » évoque d’abord les grandes cathédrales médiévales, élancées vers le ciel, où la pierre se fait dentelle et où la lumière colorée des vitraux transforme l’espace en vision presque irréelle. Dans l’histoire de l’art, le gothique naît en Europe au XIIᵉ siècle et marque un moment d’audace : arcs brisés, voûtes d’ogives, arcs-boutants et verticalité donnent aux édifices une légèreté inattendue. 

A l'origine le terme était péjoratif, du moins pour Giorgio Vasari qui fait de « gothique » un synonyme de « barbare (violent) » en référence, sans doute, au sac de Rome, en 411, par les Goths. En fait, ce fut Raphaël qui utilisa pour la première fois le terme gothique pour désigner les arcs en ogive des cathédrales médiévales qui lui rappelaient les cabanes primitives des habitants des forêts germaniques. 


Il faut dire que l'arc ogival ou arc brisé fut une innovation technique décisive. En répartissant et allégeant les contraintes imposées aux murs et aux piliers, la construction en hauteur devenait possible, de même les ouvertures pouvaient être élargis, l'espace, sombre et confiné dans les églises romanes, devenait lumineux dans ces cathédrales où le regard est toujours invité à monter, comme guidé par les lignes des piliers et la trame des vitraux.

 

 

 

 

Karl Friedrich Schinkel, cathédrale gothique

Mais le mot ne s’est jamais arrêté aux portes des cathédrales. Avec le temps, « gothique » est devenu une atmosphère, une sensibilité. Dans la littérature du XVIIIᵉ et du XIXᵉ siècle, il désigne des récits d’ombres et de mystères, de ruines et de châteaux perdus, où l’imaginaire se nourrit du frisson et du romantisme noir. Le regain d'intérêt pour l'art gothique, et pour un Moyen-Age idéalisés, étaient une réaction contre le rationalisme des Lumières et la rigueur du classicisme. Les artistes romantiques y trouvaient une matière fertile : contrastes violents de lumière et d’obscurité, silhouettes tourmentées, architectures dramatiques. Le "roman gothique" est un genre littéraire confinant à l'horreur : Horace Walpole, Bram Stoker, Mary Shelley, Allan E. Poe, Ann Radcliffe, Matthew G. Lewis, ont exprimé, chacun à leur manière, les cauchemars surgissant lorsque la raison est en sommeil.

 

 

Aujourd’hui encore, le terme circule et se transforme. Il inspire une esthétique contemporaine reconnaissable entre toutes : vêtements sombres, dentelles, cuir, maquillages pâles et regards charbonneux. La sensibilité gothique au 21e siècle, se nourrit de morbidité et de fascination pour la mort  

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le graphisme, les lettres gothiques — héritières des écritures médiévales — continuent d’évoquer à la fois tradition, puissance et mystère. 


 

 

 

 

Dans la musique, le mot désigne aussi un univers sonore particulier, né du post-punk et devenu une culture à part entière, où mélancolie, poésie sombre et théâtralité composent un paysage sensible.

dessin de Aga Werner
Ainsi, « gothique » n’est pas seulement un style historique : c’est un mot chargé d’images, de sensations et de mythes. Entre lumière des vitraux et ombre romantique, entre pierre médiévale et culture contemporaine, il traverse les siècles en changeant de forme sans perdre sa puissance d’évocation. Pour le dessinateur, il offre un territoire d’exploration particulièrement riche : lignes verticales, motifs complexes, contrastes dramatiques, silhouettes mystérieuses… autant de pistes où l’œil et la main peuvent se laisser guider par l’imaginaire.

 

 

 

 

quelques suggestions

l'architecture.  

Documentez vous sur l'architecture gothique. A partir de photographies, réalisez quelques esquisses, en s'attachant à mettre en relief ce qui caractérise l'art gothique. Ne vous attachez pas seulement aux voûtes, aux rosaces et fenêtres ogivales, mais aussi aux éléments décoratifs, aux sculptures. N'oubliez pas qu'il y a plusieurs courants dans l'art gothique médiéval... il y a certes ce qu'on appelle le "gothique international" mais mais différences régionales existent aussi : ce qui se faisait en Allemagne n'est pas identique à ce que l'on trouve en France, en Angleterre, en Espagne ou au Portugal. 

astuces pour dessiner :

Trouvez des exemples (photos) d'églises ou de bâtiments néogothiques, datant le plus souvent du 19e siècle. Imaginez une église, ou un bâtiment civil inspiré du gothique. Créez une ambiance, une atmosphère étrange, fantastique, lugubre ou lumineuse.

le style "gothique" : Imaginez des personnages évoluant dans un "roman gothique", imaginez ses vêtements, ses parures, sa coiffure, le maquillage... n'oubliez pas d'éventuels tatouages. 

références 

pinterest : 

https://www.pinterest.com/virginiepurple/gothique/ : gothique, par Virginie Le Quéau - un ensemble d'illustrations sur l'art et l'architecture gothique.

https://www.pinterest.com/pin/703968985514224794/ : des rosaces. =exemples et parfois, technique de dessin.

mode et style de vie "gothique"


gothic fashion : sur la mode "gothique"...
voir aussi sur pinterest : https://www.pinterest.com/search/pins/?q=gothic%20fashion&rs=typed
et pour les messieurs : https://www.pinterest.com/search/pins/?q=Mode%20gothique%20homme

calligraphie et typographie

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
église Notre-Dame du Sablon, Bruxelles - photo : Patrice Deramaix
 
 
 
 

 

 

 

 

dimanche 8 février 2026

Quand les animaux entrent en scène (et dans nos vies)

Qu’est-ce qui fascine tant les artistes dans les animaux représentés en mode humain ou presque humain? Ou dessinés et peints dans une position abracadabrante et rigolote ? Peut-être ce doux mélange d’étrangeté et de tendresse : voir un chat siroter son thé, un chien jouer aux cartes, nous fait sourire autant qu’il nous renvoie à nos propres gestes du quotidien. Chez les dessinateurs et peintres, ces scènes amusantes ont traversé les siècles — de subtiles critiques sociales aux pures fantaisies visuelles — et continuent d’inspirer les artistes de loisirs et les créateurs du dimanche comme nous à l'atelier de Forest ce dimanche 15 février 2026 de 14h30à 17h au 1 square Bia Bouquet à 1190 Forest.

 

L’incontournable Louis Wain

Impossible de commencer sans lui : Louis Wain est un artiste anglais connu pour ses dessins de chats anthropomorphes qui marchent sur deux pattes, jouent, dansent ou fument un cigare comme de petits dandys. Son fameux dessin A Kitten’s Christmas Party (1886) marque le début de cette carrière dédiée aux félins humanisés. 

Le monde de Louis Wain

 

Simon’s Cat, le chat de tous les jours

Plus près de nous, Simon’s Cat de Simon Tofield n’est pas une peinture mais une série animée et une bande dessinée où un chat blanc hilarant se comporte comme un petit humain (et surtout comme un petit tyran ). (Wikipedia) Les gags visuels, simples et hilarants, sont devenus cultes sur Internet et en livre.

Simon's cat, un tyran qui a toujours faim !



Singeries et autres scènes cocasses

Longtemps avant cela, des artistes européens ont fixé sur toile des animaux imitant des comportements humains — souvent pour rire ou critiquer :

  • Antoine Watteau, immense peintre du 18e siècle, certes connu pour ses "fêtes galantes" mais aussi initiateurs de "singeries", panneaux peints très en vogue mettant en scène des singes dans des postures amusantes
    Antoine Watteau - le singe sculpteur

  • Vincent de Vos, peintre belge du 19ᵉ siècle, excelle également dans ce registre 

Juste des positions rigolotes ou mignonnes et s'amuser !

Pas besoin nécessairement de faire dans la critique sociale (comme Wain) ou anthromorphiser un animal proche de l'homme comme le singe, on peut aussi juste dessiner des animaux dans des positions amusantes(toilette des chats par exemple, cocker avec de longues oreilles repliées sur la tête ... les idées sont infinies, il suffit de chercher un sujet qui vous amuse. 

Que l'on passe par le réalisme tendre (animaux mignons qui sont légion sur les réseaux sociaux !), l’anecdote amusante ou l’exagération caricaturale, les animaux dans des postures rigolotes nous permettront d'ouvrir une porte créative et amusante dans la grisaille de l'hiver ...et nous rappelle ces temps de folklore et de carnaval proches !

Voici quelques inspirations de vidéos pour dessiner des animaux mignons et ou rigolos (cartoons, ou plus picturaux)

 

inspiration "doodle" 
https://youtu.be/NlZSePBKNiU?si=3pC7G9srtp7tryWD

 

un peu d'aquarelle puis ... faire  travailler son imaginaire !
https://youtu.be/D4IY37I2i6w?si=hs8IZ8H_NuyS5G7E

  

Astuces dessins bien pratiques
https://youtu.be/BzsYw5Ht5S0?si=hW2umeHUc5Oc5E5z



inspiration "kawaii"
https://youtu.be/28BtO8aLQP0